L’avenir qui se dessine super-sonique. En effet de nouveaux avions supersoniques s’apprêtent à reprendre le flambeau du fleuron de l’aéronautique française. Ils seront plus rapides, plus sobres et plus silencieux que leur ancêtre.

Treize années déjà que le [social_news]Concorde[/social_news] ne fend plus les cieux. Cet avion légendaire, issu d’une coopération industrielle franco-britannique, est, avec le modèle russe [social_news]Tupolev Tu-144[/social_news] (1968-1999), le seul appareil supersonique à avoir transporté, dès 1976, des civils. En juillet 2000, le crash d’un vol Air France, quelques minutes après son décollage de Roissy, entraîne la mort de 113 personnes. Trois ans plus tard, le dernier supersonique opérationnel est retiré du circuit par la compagnie British Airways. Avant même la [social_news]tragédie de Gonesse[/social_news], Concorde était un échec commercial. Trop cher, trop gourmand en carburant, trop bruyant, l’avion n’a pas eu de successeurs jusqu’ici. Mais la donne est en train de changer. Trois projets promettent de donner naissance à un héritier, en corrigeant les deux principaux défauts du Concorde : son coût d’exploitation exorbitant et la détonation sonore produite lors du passage en vitesse supersonique, à environ 1 060 kilomètres/heure (à 20 kilomètres d’altitude)

 

Londres-New York en 3h15

Le premier d’entre eux pourrait prendre son envol dès le début de la décennie 2020. La compagnie aéronautique américaine Boom compte faire voler un aéronef supersonique pouvant transporter 45 passagers. Son point fort ? Le prix par siège, comparable à celui d’une classe affaires classique : environ 2 350 euros le vol simple Londres-New York. Ce survol de l’Atlantique s’effectuerait en seulement trois heures et quart, contre sept heures actuellement, à la vitesse de Mach 2.2 (environ 2 335 km/h, soit 2,2 fois la vitesse du son). Le Concorde effectuait le même trajet en trois heures et demie, pour un prix presque deux fois supérieur. Pour proposer de tels tarifs, Boom a simplement profité du progrès technologique. Le fuselage du Concorde était surtout composé d’aluminium. Celui du supersonique de Boom sera en matériau composite (à base notamment de fibres de carbone), plus léger. Il lui faudra ainsi moins de carburant pour voler, d’autant que les moteurs actuels sont plus performants et moins gourmands en hydrocarbures. La société américaine table sur une consommation similaire à celle d’un avion de ligne traditionnel, soit environ 3 litres de carburant par passager tous les 100 kilomètres, contre 14 pour le Concorde.

Une compagnie américaine concurrente, [social_news]Aerion[/social_news], s’est alliée à Airbus pour mettre au point son modèle de jet supersonique, l’[social_news]AS2[/social_news]. « La construction des premiers modèles commencera dans trois ans, et devrait être achevée en 2023, détaille Jeff Miller, vice-président d’Aerion. Nous espérons obtenir les certifications et exploiter l’AS2 en 2024. » L’AS2, qui pourrait être vendu 114 millions d’euros (contre 188 millions pour le supersonique de Boom), embarquerait jusqu’à douze passagers. Il devrait être bâti en matériau composite, fait de fibre de carbone renforcée par du titane. Ses ailes, courtes et ramassées à l’arrière, ont été conçues pour engendrer le moins de turbulences possibles.

« La traînée aérodynamique de notre appareil sera réduite de 20 % par rapport à celle du Concorde, renchérit Jeff Miller. C’est un grand gain d’efficacité. » Et de silence. Lorsqu’un avion dépasse la vitesse du son, il produit une onde sonore qui se traduit au sol par le fameux « bang sonique ». Avec l’AS2, ce bruit d’explosion interviendrait plus tardivement, au moment où l’appareil dépassera Mach 1.2 (soit 1,2 fois la vitesse du son), et se dissiperait rapidement. Un argument de taille pour convaincre la direction de l’aviation civile américaine de modifier la réglementation qui interdit actuellement à tout avion civil supersonique de survoler le territoire des Etats-Unis.

La Nasa sur les rangs

Un troisième acteur de poids s’est lancé dans la course : la Nasa. En février 2016, elle a annoncé le lancement d’un programme pour la construction d’un supersonique silencieux. L’agence spatiale américaine a chargé l’avionneur [social_news]Lockheed Martin[/social_news], en lui octroyant une subvention de près de 20 millions d’euros, d’établir le design préliminaire de ce nouvel appareil. Nom de code : QueSST, pour [social_news]Quiet Supersonic Transport[/social_news] (transport supersonique silencieux). Le cahier des charges est ambitieux : imaginer un avion capable de voler à Mach 1.4 sans émettre de déflagration sonique.

Si les concepteurs y parviennent, l’exploit devrait faire du bruit ! 😉

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