Alors que le monde évolue grâce à des technologies qui lui ont changé la vie, cette nouvelle désignation pour les technologies dites “de rupture” fait sans cesse parler d’elle. Mais de quoi il s’agit ? Premier chapitre de notre dossier consacré aux deep techs.

Du laboratoire à l’entreprise

La “deeptech” est en fait un terme anglophone pour désigner les technologies de rupture. Tels internet, le GPS ou les smartphones, des technologies ont changé notre manière de vivre, notre manière de consommer, notre rapport à la technologie, et nous ont permis de nous émanciper. Ce mot barbare est un moyen de désigner ces technologies qui marque une rupture avec le monde avant l’innovation. À l’inverse des entreprises technologiques  “lowtechs” qui développent les produits et les prototypes, la deeptech est plutôt utilisée pour désigner les startups ou entreprises qui réalisent la phase de recherche, de prototypage. Il s’agit de développer les innovations de rupture fondées sur des avancées scientifiques majeures portées sur le marché. On peut donc conclure qu’à la différence des startups Techs habituelles, ces nouvelles entreprises s’attaquent à la résolution des grands défis du XXIe siècle, et ce dans tous les domaines : énergie, environnement, aéronautique, santé, industrie, mobilité, agriculture, finance, télécoms, transports…

Changer la face du monde.

À l’image de la startup américaine Koniku, – qui a mis au point une puce hybride composée de 64 neurones vivants (soit autant que dans un cerveau humain), destinée à explorer les capacités sensorielles des neurones pour des usages industriels ou dans la santé – , le potentiel de ce nouveau marché est colossal dans tous les domaines, et les deeptechs explosent dans le monde et particulièrement en Europe depuis 2016. Calibrés pour s’inscrire dans un monde en constante évolution, ces entrepreneurs veulent repousser les frontières technologiques et changer la face du monde.

Juste un autre nom pour désigner les technosciences

Comme l’explique La Tribune, l’expression « deeptech » n’est qu’une nouvelle façon de désigner l’exploitation des technosciences, qui existent depuis le XIXe siècle. Mais il prend désormais de l’ampleur. Tout simplement car la convergence des technologies (big data et intelligence artificielle, électronique et biotech, drones et réalité virtuelle, Internet des objets et robotique, blockchain, les combinaisons sont nombreuses) permettent désormais aux startups de créer des solutions totalement nouvelles, comme l’explique Arnaud de la Tour, le vice-président de Hello Tomorrow:

Les investisseurs et les grands groupes regardent de plus en plus ce qui sort des laboratoires et cherchent à valoriser cette recherche, car le potentiel des nouvelles technologies est à peine exploité. Ils réalisent aussi qu’il ne faut plus attendre beaucoup d’innovations de rupture de la part des startups uniquement numériques, qui sont davantage concentrées sur les usages existants plutôt que sur les nouvelles solutions.

Nouvelles visions, nouveaux défis

Mais ces startups font aussi face à de nombreux défis qui limitent leur développement.

Ce paragraphe pourrait commencer par la citation de l’investisseur star Peter Thiel et qui a fait réfléchir plus d’un entrepreneur, ironisant en pensant à Twitter.

Nous voulions des voitures volantes, à la place nous avons eu 140 caractères

Illustrant le décalage entre les entrepreneurs et les investisseurs, cette phrase illustre le constat. Vrai chemin de croix pour décrocher un investissement, ces innovations doivent convaincre. Comme l’explique une jeune entrepreneure de 27 ans, ” Pour réussir à se financer, il faut trouver des investisseurs visionnaires “. Malheureusement, des visionnaires ne courent pas les rues. À l’inverse des startups traditionnelles, les deeptechs sont souvent en avance sur leur temps, et en rebutent plus d’un …

À l’image du patron de TESLA qui peine à convaincre ces investisseurs de le suivre plus longtemps, les donateurs sont de plus en plus réticents à suivre les projets sur toute leur durée. Les besoins en capitaux étant plus importants, les investisseurs français semblent même plus frileux que dans le reste du monde. Ainsi, 45% des financements des startups françaises de la deeptech proviennent du secteur public, contre seulement 26% aux Etats-Unis et 35% dans le reste du monde, Europe incluse. À l’inverse, les centres de recherche privés (13% du financement), les business angels (21%), les fonds de capital-risque (5%) et les grands groupes (5%) s’impliquent moins qu’ailleurs, notamment par rapport aux Etats-Unis où les VC et les grands groupes pèsent respectivement 13% et 20% des financements.

Ce besoin de financement à long terme n’est pas le seul manque. Les entreprises nécessitent plus de temps pour se développer. Plus de temps, plus d’argent, mais également plus d’expertises.

Les français quand même à la pointe.

Un rapport annuel sur l’état de la tech en Europe, publié le 30 novembre 2016 lors du festival Slush d’Helsinski montre que l’Europe est à la pointe dans les technologies de rupture.

Le rapport, produit conjointement par Atomico, une société d’investissement spécialisée dans les nouvelles technologies, et les organisateurs du festival, met en lumière l’énorme avancée réalisée par l’Europe dans le domaine de l’innovation et des nouvelles technologies en 2016. « La deeptech est florissante sur notre continent, résultat : le futur va être inventé en Europe », commence le rapport avec enthousiasme. Dans cette Europe technologique, la France à une place importante.

Exemple de Deep Tech : la start-up Lilium Aviation, propose le Lilium Jet , un avion bi-place à décollage vertical destiné à devenir un taxi volant.
Exemple de Deeptech : la start-up Lilium Aviation, propose le Lilium Jet , un avion bi-place à décollage vertical destiné à devenir un taxi volant. bientôt testé à lyon

En France, les deeptechs sont portés par des institutions fortes. Grâce à un gros réseau scolaire, institutionnel et de laboratoires, notre pays compte plusieurs centaines de ces entreprises et parmi ce nombre quelques pépites que nous allons explorer dans les autres articles de notre dossier #Deeptech

 

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