Chaque enfant mérite une éducation de qualité, gratuite et à portée humaine. Cette mission peut être accessible à tous, et sans aide de l’État et gratuitement. C’est à ce constat que répond une école d’un nouveau genre. La cordée.

C’est lors de la rentrée 2015 à Roubaix qu’une nouvelle école indépendante à vue le jour. Aménagé dans une ancienne école d’un quartier difficile de Roubaix, bénévoles et professeurs se donnent comme objectif de combler le manque de qualité dans l’éducation à laquelle ils aspirent. Avec 6 élèves lors de la première rentrée, elle en compte maintenant 53.

Une éducation à deux vitesse

Cette école a vu le jour grâce à Fabienne Charvolain en partant d’un constat : l’école est, selon elle, inégalitaire et elle ne fournirait pas les outils nécessaires aux enfants. À la fin de leur scolarité, 25 % des élèves ont des lacunes et la majorité vient de quartiers défavorisés. Afin de lutter contre cette injustice, tout est mis en œuvre à La cordée pour les aider, mais aussi pour leur donner accès à de nombreux outils dont ils seraient privés en temps normal.

Fabienne Charvolain et Niels Villemain de La Cordée
Fabienne Charvolain et Niels Villemain de La Cordée

Ce constat est partagé entre plusieurs personnes du corps enseignant dans l’hexagone. Cette dynamique devient propice au changement et de nouveaux projets ont vu le jour dans le domaine de l’éducation comme l’association Les Déclics à Lyon dont nous allons parler bientôt. Fabienne a mené à ce jour un des projets d’école indépendante et gratuite le plus abouti à ce jour, et c’est ce projet que nous mettons à l’honneur aujourd’hui.

Chez les cours la Cordée, l’équipe pédagogique est triée sur le volet. Portant des valeurs éducatrices dans leur tripe, cette bande de pédagogues qui ferait envier certaines autres écoles ne s’arrêtent pas à donner les leçons aux enfants. En effet, ils assurent un suivi personnalisé en fonction des besoins de chacun, à la manière des classes finlandaises où les instituteurs sont considérés comme des ingénieurs pédagogiques et reconnus en tant que tels.

Financement

Cette école fonctionne avant tout grâce aux dons et subventions associatives. Elle n’est en effet pas en contrat avec l’état : elle ne possède pas de subvention du ministère comme une école classique. Ces écoles indépendantes sont souvent caractérisées par des écoles chères où seules certaines enfants favorisés peuvent profiter d’un enseignement de qualité en dehors de l’éducation qu’on pourrait appeler “populaire” dicté par l’Éducation nationale. À l’image des pensionnats où étaient regroupés des enfants de riches dignitaires ou entrepreneurs, élite de la nation, à première vue nous pourrions penser que l’enseignement dispensé à Roubaix n’est pas pour tout le monde et coûte cher. D’un côté, nous aurions alors pas tord. Mais voilà, là que commence le nerf de la guerre.

500000 euros c’est le budget de fonctionnement pour 100 élèves pour l’école en France. Cette somme correspond à se coûte l’enfant à l’institution en intégrant le loyer de l’établissement, les fournitures scolaires, le salaire du professeur, la cantine, le temps de formation de l’encadrement etc. etc. C’est cette somme qui coûte si chère à l’institution, et ce qui fait régner la loi de la subvention et du contrôle de l’État. Ainsi, si cette somme faramineuse n’est plus payée par l’État, cela représente la somme payée par les familles des enfants lorsqu’il est présenté à une école privée.

Ce chiffre reflète alors le combat quotidien de Niels Villemain, Directeur de l’école et de Fabienne Charvolin, Présidente de l’association. En effet, L’école de La Cordée reçoit juste des parents les frais de scolarité portés à 50 € tous les mois sur 10 mois. L’association, qui se met en place cette année, n’est toutefois pas en mesure de donner des précisions sur son budget. « Mais à titre de comparaison, explique Nathalie Dethezi, de la fondation Espérance Banlieues, Montfermeil, c’est 500 000 euros de budget annuel de fonctionnement pour 100 élèves, financé à 20 % par les parents. » Le reste est démarché auprès de mécènes : AXA, Bouygues, la Fondation Bettencourt… selon le site internet d’Espérance Banlieue.

Comment est-ce que je met mon enfant à cette école ?

La clé dans l’éducation des enfants n’est pas souvent dans les bancs de l’école, mais souvent en dehors. C’est pour ça que l’école met un point d’honneur à intégrer les parents dans le dispositif. C’est ainsi que l’enfant au droit d’intégrer la classe. Le seul critère d’éligibilité pour rejoindre les cours de la Cordée c’est l’engagement du parent à adhérer au projet pédagogique. Si le parent ne rentre pas dans le moule éducateur d’un parent modèle, il ne pourra inscrire ses enfants à cette école. Cette garantit permet à l’enfant d’évoluer dans un cadre régi par des lois de bon sens qui le placent dans un environnement propice au développement et à l’éducation à l’école comme à la maison. En effet, la bonne éducation d’un enfant à l’école (et ailleurs) doit aussi passer par l’appui des parents.

Objectif : collège

L’école a des ambitions : « Notre modèle éducatif peut tourner à plein régime avec 100-120 élèves, en primaire et collège », avance le directeur, qui ne se fixe toutefois pas d’objectif dans le temps.

Notre but est d’être pragmatique et de répondre à un besoin.

Si elle est hors contrat, l’école suit néanmoins les programmes établis par l’État. Les cours du matin sont consacrés aux apprentissages fondamentaux, français, maths… Le midi, les repas ramenés par les élèves sont pris en commun, dans un coin de la classe de CP aménagé en réfectoire. L’après-midi, les élèves commencent par le récapitulatif de la matinée, font une demi-heure de sport et étudient les matières requérant une attention moins soutenue, histoire, géographie, sciences. La classe se termine par « les avis » : le directeur vient dire un mot et revient sur le déroulement de la journée, les bons moments comme les chahuts. Presque une journée d’école ordinaire, en somme.

Hors contrat, mais contrôlé quand même

Interrogé par “La Voix Du Nord” lors de l’ouverture du centre, Niels Villemain situe le cours La Cordée, bien que hors contrat, dans l’école de la République. « Sinon, on serait une secte ! » lâche-t-il. L’État, par le biais de l’Inspection académique, inspectera donc l’établissement scolaire, et l’institutrice et les deux instituteurs ont l’expérience de l’enseignement. Le directeur reconnaît toutefois que les choix de rythmes et de méthodes – notamment l’application de la méthode Montessori en CP puis en enseignement plus classique ensuite – poseraient des difficultés à placer La Cordée sous contrat.

Vous pouvez donc confier vos enfants et dormir sur vos deux oreilles 🙂

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