Lyon a quand même un riche passé industriel, gastronomique ou même artistique. Bref l’artisanat et la ville de Lyon ça fait deux. Illustration avec ce Lyonnais installé à Villeurbanne qui à l’honneur de façonner les médailles des sénateurs à Paris.

Parlons d’abord de la médaille

Sous la Révolution, les députés doivent présenter une carte d’entrée pour pouvoir accéder à la salle des séances. Dès l’an IV (1795-1796), le Conseil des Cinq-cents et le Conseil des Anciens remplacent cette carte par une médaille d’identité, en argent, sur laquelle est gravé le nom du titulaire. Cette médaille facilite également l’accès aux établissements publics, et permet de franchir librement les cordons de police.

Le Sénat indique que l’usage de la médaille se maintient sous les régimes politiques suivants, qu’il s’agisse de l’Empire, des Monarchies constitutionnelles ou des Républiques. De nos jours, chaque parlementaire reçoit traditionnellement une médaille gravée à son nom lorsqu’il est élu, même s’il dispose, dans les faits, d’une carte magnétique lui permettant, d’une part, d’établir son identité et, d’autre part, d’accéder à l’Assemblée dans laquelle il siège.

Qu’on se le dise également, c’est à Lyon, où fut frappée au XVe siècle la première médaille en France.

Le médailler du sénat est Lyonnais

Villeurbanne, le 21 septembre 2017. Le graveur médailleur lyonnais Nicolas Salgnac a été choisi pour réaliser la médaille des futurs sénateurs. - E. Frisullo / 20 Minutes
Villeurbanne, le 21 septembre 2017. L’étape de composition de l’image qui donnera lieu à la création d’une matrice. – E. Frisullo / 20 Minutes

Le graveur sacré meilleur ouvrier de France en 2000 et qui a gravé ces médailles, c’est Nicolas Salagnac. Artisan graveur villeurbannais, il fait ses armes à l’école Boulle à Paris. Nicolas a déjà réussi à se créer un nom sous les “ors” de la République française. Il a signé, entre autres, la médaille de la présidence de la République sous Nicolas Sarkozy, mais aussi celle de la Villa Médicis de Rome, de la gendarmerie royale du Maroc, de la Ville de Lyon. Avec l’annonce de l’organisation des JO à Paris en 2024, l’artisan se lance dans une nouvelle entreprise :

Mon rêve serait maintenant de faire une médaille olympique

confie-t-il au journal Le Parisien.

Avec la volonté de perpétuer la tradition, il va devenir lauréat du concours lancé par la République française qui lui donnera le droit de graver les 348 médailles qui vont être remises aux sénateurs fraîchement élus ou installés. Parmi plusieurs prétendants, il a remporté cet appel d’offre lancé par le sénat en se démarquant des autres. Il a voulu représenter une Marianne innovante et dans l’air du temps.

Nicolas Salagnac, graveur médailleur installé à Lyon, a réalisé la médaille des futurs sénateurs. — E. Frisullo / 20 Minutes
Artisanat : un Lyonnais choisi pour faire la médaille des sénateurs — E. Frisullo / 20 Minutes

Une médaille fraîche

Cette “breloque” est dans l’imaginaire des gens lié à l’histoire ancienne de la France.

Elle à une image un peu vieillotte, mais cela reste un symbole traditionnel. Ce n’est pas seulement un bout de métal. Ce qui est passionnant, c’est l’histoire que je vais pouvoir raconter en tant que graveur

confie le Lyonnais à 20 minutes.

Nicolas Salagnac travaille sur cette médaille de 5 cm de diamètre depuis plusieurs mois déjà. En plus des éléments imposés, dont les mentions République Française, Liberté Égalité Fraternité et la représentation du Sénat, le graveur-médailleur a choisi de réaliser une Marianne ” jeune, dynamique et volontaire ” : ” Elle a une attitude de danseuse. Elle est de profil et prend le vent dans les cheveux. Mais surtout, elle est simplement habillée du drapeau de la France et de l’Europe. Je la voulais animée “.

Étapes de production de la médaille

C’est au printemps que l’artisan à imaginé et à dessiné la médaille. Il a ensuite modelé sur du plâtre l’avers et le revers de la médaille, qui sera par la suite sculpté dans un moule creux en acier (appelé “matrice”). Après avoir obtenu cette matrice, il va la peaufiner et va affiner les détails ainsi que les reliefs. C’est dans ce moule que sera coulée la matière dans laquelle doit être exécutée la médaille.

Reste maintenant à la fameuse maison Arthus-Bertrand la tâche de frapper les médailles qui ont été remises aux locataires du Sénat il y a quelques jours (le 24 septembre dernier).

L’histoire de la matrice des médailles

Pour en savoir plus sur les médailles de Nicolas, vous pouvez visiter son site internet avec ses étapes de fabrication de cette médaille.

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